Ce qui suit est le conseil de Lama Zopa Rinpoché pour les disciples de Dagri Rinpoché.

La traduction du communiqué du Bureau International concernant Dagri Rinpché est traduit et disponible ici.

Selon ma compréhension, ma vue et mon esprit, Dagri Rinpoché est quelqu’un de très positif, un être saint, absolument pas une personne ordinaire.

Une nuit, il y a très longtemps, à Toushita à Dharamsala, Dagri Rinpoché m’a dit qu’il avait rêvé qu’il avait visité la terre pure de Lama Tsongkhapa (Yiga Tcheuzin). Il m’a raconté à quel point cela était incroyablement merveilleux, avec tous les plaisirs extraordinaires, ainsi que la vue, wahou, wahou, wahou !

Puis, au monastère de Sera djé, alors que nous dînions dans sa maison, il m’a raconté une autre histoire. Après avoir récité les mantras Rindjoung Gyatso, il a guidé les poujas du groupe Hayagriva à Sera djé. Durant la pouja, il était lui-même un imposant Hayagriva et tous les moines étaient très petits. Pendant qu’il me racontait cela, il se rabaissait, disant qu’il avait peut-être seulement eu des hallucinations. Ce sont juste quelques anecdotes que j’ai entendues. Mais il n’est certainement pas un être ordinaire, pas quelqu’un ayant peur de la mort et des états d’existence inférieurs. C’est sûr à cent pour cent. C’est ma vue personnelle, conformément à mon esprit.

Par conséquent, je veux dire aux disciples qui ont reçu des initiations et des enseignements de Dagri Rinpoché que vous devriez vous réjouir à cent pour cent, peu importe ce que dit le monde, peu importe si certaines personnes le critique. Même après avoir atteint l’éveil, le Bouddha a montré l’aspect de ressentir de la douleur au pied après que celui-ci ait été transpercé par un morceau de bois. Le Bouddha a dit que cette douleur était le résultat d’une inconduite sexuelle commise avec une femme dans l’une de ses vies passées, il y a très longtemps. Bien sûr, même les arhats, qui n’ont pas accompli les cinq voies du mahayana, les dix bhoumis ou la voie tantrique, ne ressentent pas la douleur. Ils se sont libérés du samsara étant donné qu’ils sont totalement libres des toxines mentales et du karma, la cause du samsara. Comment serait-il alors possible pour une personne de faire l’expérience de la douleur, de la renaissance, du vieil âge si elle a complètement éradiqué la cause de la souffrance ? Alors le Bouddha ne serait plus véridique et ses enseignements ne sont plus véridiques ? Les choses deviennent ainsi. Des êtres innumérables ont atteint l’éveil : des yogi-pandits tels que Sahara, Tilopa et Naropa ainsi que de nombreux êtres des quatre écoles du bouddhisme tibétain, y compris Padmasambhava et d’autres lamas nyingma, Marpa et Milarépa, les cinq grands Lamas Sakya, Lama Tsongkhapa lui-même et de nombreux autres dans la tradition guélouk. Avec un tel raisonnement, tout devient non vrai.

Le Bouddha a montré l’aspect d’un morceau de bois entrant dans son pied et a dit qu’il y a très longtemps, dans l’une de ses vies passées, il avait commis une inconduite sexuelle avec une femme. Il a fait ceci pour montrer le karma aux disciples, aux êtres sensibles qui sont les objets à subjuguer. Le Bouddha a donc manifesté de la souffrance, sans l’endurer lui-même.

Ceci inclut également Dalaï-Lama actuel. Vous pouvez voir que Sa Sainteté le Dalaï-Lama est la représentation vivante de tout ce qui est expliqué par le Bouddha, les grands yogi-pandits et Lama Tsongkhapa. Vous pouvez voir que son esprit saint possède toutes les qualités de la voie. Son esprit saint a toutes les qualités suprêmes, toutes les qualités inexprimables au-delà de la voie, celles qui ont été expliquées dans les textes par le Bouddha et jusqu’aux expériences des bouddhas actuels, les éveillés. Et cela tout en étant également incroyablement pragmatique et chérissant les autres comme une mère chérit son enfant adoré. Peu importe qu’une personne soit riche ou pauvre, éduquée ou non, Sa Sainteté aborde tout un chacun comme son égal et donne le conseil le plus approprié. Maintenant, même ceci ne serait pas vrai ? Mais vous pouvez néanmoins le constater de vos propres yeux, alors comment pourriez-vous dire que ce n’est pas vrai ? Les incroyables qualités des maître spirituels de Sa Sainteté et de tant d’autres êtres saints dont vous avez été témoin ne seraient pas vraies non plus ? Vous devriez alors conclure qu’ils ne sont pas des êtres saints. Cela donnerait naissance à ces erreurs.

Si vous pratiquez le bouddhisme – le lamrim par exemple – vous pouvez constater par vous-même que votre esprit devient de plus en plus paisible et de plus en plus pur. Comment pouvez-vous alors dire que ceci ne se produit pas ? Cela reviendrait à dire que tout ce que vous avez fait, tout ce que vous avez expérimenté, est une hallucination. Bien évidemment, ici on ne parle pas de la vue de l’existence véritable. L’hallucination, dans ce cas, est que rien n’existe comme simple nom : la souffrance, la cause de la souffrance, la cessation de la souffrance, la voie. Rien n’existe alors : il n’y a ni enfer, ni éveil, ni karma, ni samsara, ni nirvana.

Puis, dans la soutra Rencontre du père et de l’enfant, il est dit, « Le Bouddha travaille pour les êtres en prenant le costume d’Indra, de Brahma, parfois sous la forme de mara (mais les gens dans le monde ne le savent pas). Il adopte également la conduite, le costume, d’une femme. Le Bouddha prend également la forme d’animaux. Il n’y a aucun attachement, mais il montre l’attachement ; il n’y a aucune peur, mais il montre la peur ; il n’y a pas d’ignorance, mais il montre l’ignorance ; il n’y a pas de folie, mais il montre la folie ; il n’y a aucune faiblesse, mais il montre la faiblesse. Le Bouddha travaille pour les êtres et prend divers aspects pour subjuguer les esprits des êtres ».

Ceci est important à comprendre. Même les bouddhas éveillés œuvrent ainsi pour les êtres. Donc nous, moi y compris, avons besoin de voir les choses sous un aspect positif. En ce qui nous concerne, dans notre esprit, nous devons essayer de voir l’aspect positif. 

Sinon cela signifierait que vous n’avez pas besoin de méditer, vous n’avez pas besoin de pratiquer le Dharma. Autrement, pourquoi auriez-vous besoin de méditer ? Pourquoi auriez-vous besoin de pratiquer le Dharma ? Vous espérez que tout sera positif à l’extérieur sans que vous n’ayez à fournir aucun effort par vous-même. Pour être en mesure de voir le maître spirituel dans un nombre infini de bouddhas passés, présents et futurs, pour être capable de réaliser ceci, vous devez vous-même faire des efforts.

C’est pourquoi, dans Le fondement de toutes les qualités Lama Tsongkhapa dit :

« Le fondement de toutes les qualités est le maître bienveillant, pur et parfait ; Se vouer à lui est la base de la voie.
Veuillez me bénir afin que, réalisant clairement cela et m’y appliquant avec diligence, Je m’en remette à lui avec grand respect. »

Le verset dit : « Le maître bienveillant et parfait est la base de toutes les bonnes qualités et suivre correctement l’ami vertueux est la racine de la voie vers l’éveil. En ayant une vue juste, à savoir voir le maître spirituel sous la forme d’un nombre infini de bouddhas passés, présents et futurs, AVEC BEAUCOUP D’EFFORTS, veuillez m’accorder la bénédiction d’être capable de suivre le maître spirituel avec une intense dévotion et respect. » Cela veut donc dire que vous devez fournir un effort important. Lama Tsongkhapa s’est basé sur sa propre expérience pour témoigner de cela.

Puisque nous (et moi-même, par exemple) n’avons pas cette compréhension, nous pensons que nous n’avons rien besoin de faire par nous-mêmes. Nous nous attendons à voir seulement les qualités du maître spirituel, à le voir comme pur, comme l’essence de Bouddha, de l’extérieur. Ce n’est pas comme ça que ça se passe.

Même si auparavant vous considériez qu’une personne était pleine de défauts, une fois que vous avez établi un lien dharmique avec elle, vous devez pratiquer la racine de la voie vers l’éveil : suivre correctement l’ami vertueux. En entraînant votre esprit de cette manière, vous êtes alors capable de voir qu’il s’agit de bouddha, ce qui signifie celui ou celle qui s’est complètement débarrassé des obscurcissements grossiers et subtils et a acquis toutes les qualités. Vous réalisez alors la racine de la voie vers l’éveil : suivre correctement l’ami vertueux. À partir de là, vous allez réaliser la voie graduée de l’être de capacité initiale, de l’être de capacité intermédiaire et de l’être de grande capacité. La bodhicitta puis les réalisations tantriques se produiront alors aisément.

Selon le mahayana, selon la réalité, le Bouddha Shakyamouni a atteint l’éveil il a de nombreuses ères cosmiques. Guélong Lekpè Karma, l’intendant du Bouddha, qui fut à son service pendant vingt-deux ans, a toujours considéré le Bouddha comme un menteur. Tout cela parce qu’un jour, alors que le Bouddha mendiait sa nourriture, une jeune fille a déposé une poignée de grains dans son bol, à cet instant, le Bouddha a prédit que grâce à ce karma elle atteindrait l’éveil sous la forme du Bouddha Tsémé. Guélong Lekpè Karma pensait que c’était un mensonge et que le Bouddha se contentait de la flatter. Il pensait que c’était trop : « Comment est-il possible qu’une telle chose arrive en offrant seulement une poignée de grains ? » Donc, durant toute sa vie, il a considéré le Bouddha comme un menteur et un être ordinaire. Bouddha était un bouddha, mais il ne l’a jamais vu comme un bouddha. Il avait plus de foi dans son maître hindou. Une fois, alors que son maître hindou était malade, le Bouddha avait déconseillé à celui-ci de consommer du sucre brun. Guélong Lekpè Karma n’a pas cru le Bouddha, il pensait qu’il mentait, il a donc offert du sucre brun à son maître. Son maître est alors mort et a pris renaissance sous la forme d’un préta. Un jour ce préta a émis un bruit pendant que le Bouddha marchait à proximité. Lorsque Guélong Lekpè Karma est décédé, il a pris renaissance dans l’état d’existence des enfers pour des ères cosmiques. Il est important de connaitre ces histoires.

Merci beaucoup. N’ayez aucun regret. La seule chose à faire est d’apprécier la vie, qui est très courte et peut s’achever à tout moment.

Merci beaucoup,

Lama Zopa Rinpoché


Colophon :
Conseil donné le 12 mai 2019 à Lavaur, France. Transcrit par la Vén. Holly Ansett et édité par la Vén. Ailsa Cameron.
Traduit de l’anglais au français par Virginie Lehdonvalo et la Vén. Lobsang Détchèn du Service de traduction de la FPMT, mai 2019.

Conseils de Lama Zopa Rinpoché aux disciples de Dagri Rinpoché
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