Ce qui suit est le conseil de Lama Zopa Rinpoché pour les disciples de Dagri Rinpoché.

De nombreuses personnes ayant étudié le Dharma savent ceci, mais d’autres personnes ne sont pas nécessairement conscientes de ce qui suit. Dans les enseignements du hinayana, les dix non-vertus ne peuvent pas devenir des vertus sur la base de leur motivation. Si l’action s’est déroulée, c’est alors simplement une action non vertueuse. Mais les choses sont différentes dans le bouddhisme mahayana, si les trois actions non-vertueuses du corps et les quatre actions non-vertueuses de la parole sont accomplies avec une compassion intense et sans limite. Par exemple, si vous préférez prendre une renaissance dans l’un des enfers à la place d’un autre être, vous ne prendrez pas renaissance en enfer. Vous avez la possibilité de faire ce choix. Pour les bodhisattvas, atteindre l’état bienheureux de la béatitude, le nirvana, pour soi-même, est extrêmement répugnant. Dans les textes, il est dit que c’est assimilable à un crachat ou de la morve jetés par terre. J’utilise l’exemple du papier toilette souillé par du caca – vous le jetez immédiatement. C’est ce qui se passe dans l’esprit sacré d’un bodhisattva. Mais prendre une renaissance en enfer pour être en mesure de sauver les êtres est comme un cygne glissant sur l’eau d’un étang. Le cygne est tellement heureux de se mettre à l’eau. C’est la chose la plus heureuse, la plus excitante… c’est ce qu’ils souhaitent véritablement. Voilà comment l’esprit sacré du bodhisattva conçoit les choses. C’est l’exemple donné dans les textes.

Il y a l’histoire du bodhisattva capitaine. Il y a très longtemps, à l’époque ou le Bouddha Shakyamuni était un bodhisattva, il était capitaine d’un bateau. L’un des passagers était petit et portait une lance. Il avait pour intention de tuer les 500 autres personnes présentes sur le bateau. Prenant connaissance de cela, le bodhisattva capitaine ressentit une compassion incroyable, parce qu’il avait conscience que l’homme renaîtrait alors dans les états d’existence inférieurs et souffrirait pendant de nombreuses ères cosmiques. Le bodhisattva capitaine émit le souhait profond de renaître lui-même dans les enfers à la place de cet homme. Suite à quoi, avec cet esprit empli d’une compassion incroyable, souhaitant protéger cet homme du karma négatif et de nombreuses ères cosmiques de souffrance dans les enfers, il tua alors cet homme. Etant donné que cette action était motivée par une compassion ineffable, le résultat en a été que le chemin du capitaine sur la voie de l’éveil et de la libération du samsara a été raccourci de 100 000 ères cosmiques. C’est devenu une purification incroyable. Tout ceci parce que la motivation de cette indicible compassion a fait que cette action est non seulement devenue le Dharma, mais également la cause de l’éveil.

Le commentaire de Vajrayogini nous raconte comment Nagpo Tcheupa, le maître spirituel, se préparait à la dernière pratique tantrique juste avant l’éveil dans un endroit appelé Oddiyana, près de Bouxa, en Inde où j’ai vécu pendant huit ans. À proximité d’une large rivière se trouvait une femme atteinte de la lèpre, sa peau était recouverte de sang et de pus. Elle était totalement, incroyablement sale. La lépreuse demanda à Nagpo Chopa d’avoir la bonté de la porter sur son dos pour traverser la rivière, mais il ne lui répondit pas et se contenta de traverser la rivière. Au bout de quelque temps, son disciple Guétsoul Tsèmboulwa, qui n’était pas un moine pleinement ordonné, arriva et la femme lui demanda de la porter de l’autre côté de la rivière. Face à ce spectacle, celui-ci ressentit immédiatement une immense compassion s’élever en lui. Sans penser un seul instant au risque de contagion ou au fait qu’il était moine, mais uniquement empreint d’une incroyable compassion, il la prit immédiatement sur son dos pour traverser la rivière. Lorsqu’il atteint le milieu de la rivière, son karma négatif, qui l’avait empêché de la voir comme l’être éveillé Dorjé Pamo, mais qui la considérait uniquement comme un être terrible, sale et malade, fut purifié. Cette apparence ordinaire disparut, parce que son karma négatif avait été purifié. L’esprit qui avait projeté l’apparence ordinaire avait disparu, purifié. Cette femme était donc Dorjé Pamo. Elle emmena alors Guétsoul Tsèmboulwa dans la Terre Pure de Takpa Katcheu (la terre pure de Vajrayogini) avec ce même corps, sans qu’il ait besoin de mourir auparavant. Étant donné qu’on est certain d’atteindre l’éveil là-bas, à Takpa Katcheu, il a probablement atteint l’éveil avant son maître spirituel, Nagpo Tcheupa. Tout cela parce qu’il avait fait naître une compassion incroyable.

Un autre exemple est extrait de la biographie d’Asanga – beaucoup de gens connaissent cette histoire. Asanga a passé douze ans en retraite pour tenter de voir apparaître le bouddha Maitreya. Tous les trois ans il sortait de retraite et différentes conditions apparaissaient qui l’inspiraient à chaque fois à y retourner. À une occasion il a vu un oiseau renter et sortir d’une cave pour aller dans son nid. Les ailes de l’oiseau étaient si douces, mais aussi réussissaient à user la pierre là où elles la touchait. Cela a tellement inspiré Asanga qu’il s’est dit qu’il allait retourner en retraite pour s’efforcer de réaliser le bouddha Maitreya. Lorsqu’il en sortit trois ans plus tard, il vit que l’on utilisait un fil pour couper une pierre dure. Avec le temps, ils étaient capables de couper la pierre avec un fil minuscule. Une fois de plus, cela l’a inspiré à retourner en retraite. Trois ans plus tard, lorsqu’il est descendu, il vit que l’eau s’égouttait dans une pierre – une, deux, trois gouttes – et la pierre s’usait et un trou commençait à se former. Cela l’inspira encore et il retourna en retraite.

Cependant, rien ne se passait encore et au bout de trois ans il quitta sa retraite. Sur la route il vit un chien blessé, la partie arrière de son corps était totalement couverte de vers. Asanga coupa un morceau de sa propre cuisse pour y déposer les vers, pour qu’ils aient quelque chose à manger. Etant donné qu’il ne voulait pas les blesser en les enlevant avec ses doigts, il ferma les yeux et tira la langue avec l’intention de les attraper du bout de sa langue. Mais il ne put pas les toucher. Ouvrant les yeux, le chien blessé avait disparu et le bouddha Maitréya se tenait devant lui.

Asanga se mit alors à gémir, disant, « Pourquoi ne vous ai-je pas vu durant ma retraite ? » Le Bouddha Maitréya lui dit, « J’étais avec toi. Regarde ta salive sur ma robe. » Pour le prouver, il montra les traces sur sa robe, là où Asanga avait craché. Asanga lui demanda alors des enseignements et le Bouddha Maitréya l’emmena dans la Terre Pure de Toushita, Yiga Tcheuzin et lui donna les cinq divisions des enseignements (Djangtchoub dènma). Une matinée dans la Terre Pure de Toushita équivaut à cinquante années humaines. Asanga revint alors et écrivit les cinq commentaires. De nombreuses personnes ont étudié, réfléchi, médité, réalisé la voie et atteint l’éveil sur la base de ceux-ci. (Bien sûr, plus tard, au Tibet, Lama Atisha a écrit La lampe pour la voie vers l’éveil, qui une fois de plus a été étudiée par de nombreuses personnes de par le monde et leur a permis d’entraîner leur esprit et d’atteindre l’éveil. Cela est venu de Nalanda en Inde.)

Dans les grands monastères au Tibet, les gens étudiaient et assistaient à ces enseignements durant de nombreuses années. De nos jours, de nombreuses moniales dans leurs monastères, y compris au monastère pour femmes de Kopan, ont étudié ces enseignements. Tous ces gens sont incroyablement chanceux d’étudier le Bouddhadharma de manière aussi approfondie. Ils ont la grande fortune d’apprendre comment générer la voie et comment atteindre l’éveil.

Ce ne sont que quelques exemples des résultats de l’immense compassion d’Asanga. Tous les bénéfices reçus par tant d’êtres, nous y compris, proviennent de l’immense compassion d’Asanga.

Nous devons avoir une connaissance et une compréhension largement développées. Par exemple, selon le mahayana, en même temps que le Bouddha Shakyamouni manifestait l’éveil dans ce monde, dans un autre monde il manifestait la descente de Toushita ; puis, toujours simultanément, dans un autre monde il manifestait la conception; puis dans d’autres mondes il donnait des enseignements sur le Dharma ou soumettait les maras. Toutes ces choses se déroulaient en même temps. Mais selon le bouddhisme théravada, le Bouddha a atteint l’éveil à Bodhgaya pour la toute première fois.

Même s’il est nécessaire d’avoir des lois dans un pays et des règles de vinaya dans un monastère, c’est à nous de dompter notre esprit. Le Bouddha a dit : « Ne pratiquez aucune action négative ; ne vous engagez pas dans des actions négatives et domptez votre propre esprit. » Si vous ne domptez pas votre esprit, vous ne pratiquez pas le véritable bouddhisme. Vu de l’extérieur il semble que vous pratiquez le bouddhisme, mais à l’intérieur vous ne le pratiquez pas.

Il existe des cas semblables dans les monastères, où l’on étudie les principaux textes philosophiques : vous étudiez le Dharma extérieurement, mais vous n’étudiez pas le Dharma intérieurement. Par conséquent vous n’allez retirer aucun bonheur du bouddhisme. Dans votre esprit vos problèmes restent les mêmes qu’avant que vous ne rencontriez le bouddhisme… et peut-être même pires. Vous passez votre vie à créer du karma négatif en critiquant les autres en permanence. Je me demande pourquoi le Bouddha a dit, « Domptez votre propre esprit » ?

Dans les pratiques de la Sangha, il y a une pratique appelée gué djong djé sheu shé. Cela signifie que si quelqu’un est en colère contre vous, vous ne lui retournez pas sa colère ; si quelqu’un vous crie dessus et vous réprimande vous ne faites pas de même ; si quelqu’un vous bat, vous ne le battez pas ; si quelqu’un vous provoque, vous ne le provoquez pas en retour. Faute de quoi, les enseignements du Bouddha destinés à entraîner notre propre esprit seraient dénués de sens.

Mon intérêt majeur est : existe-t-il des êtres qui sont purs depuis des renaissances infinies, sans aucune confusion de l’esprit, grossière ou subtile ? Existe-t-il de tels êtres en dehors de mes maîtres spirituels ? Existe-t-il aucun un seul être dont l’esprit serait totalement pur, sans erreurs, sans aucune confusion de l’esprit grossière ou subtile, depuis des âges infinis? C’est ce que je me demande.

Peu importe les critiques émises envers Dagri Rinpoché, je maintiens mon esprit dans la compréhension qu’il s’agit d’un être saint. Je ne me transforme pas en un bovin tiré par une corde attachée à l’anneau de son museau et devant aller là où l’on me conduit. Même si je suis extrêmement ignorant du monde et que je n’ai aucune compréhension du Dharma, je dispose de cette modeste sagesse et je m’y maintiens. Il s’agit d’un être saint, pas d’un être ordinaire, tel que je l’ai mentionné auparavant.

Quelqu’un qui pratique la patience et a une compassion incroyable face à la colère ou au mal en retire des bienfaits incroyables, jusqu’à l’éveil. Ceux qui ne pratiquement pas le Dharma sacré deviennent aigris. Vous pouvez voir que cela dépend totalement de l’esprit de la personne, de l’étiquette que la personne applique sur les choses : mauvais ou bénéfique, négatif ou positif. Vous pouvez l’utiliser de n’importe quelle manière, pour des chimères ou non. Ces actions rendent certaines personnes tellement heureuses ; même l’attachement les rend si heureuses. Certains qui ne sont pas intéressés sur le moment, à qui cela ne plaît pas, répondent par la colère. Même en ce qui concerne les perturbations, cela se passe comme ça. Cela dépend si vous aimez ou pas quelque chose. Si vous l’aimez, vous en êtes très heureux ; si vous ne l’aimez pas, cela vous met en colère. Même avec les perturbations, cela dépend de quelle étiquette vous lui apposez : aimer ou détester. Cela provient donc de l’esprit de la personne. Tellement de choses dépendent de l’esprit de la personne, de celui qui perçoit, qui juge quelque chose comme étant bon ou mauvais. C’est pareil pour les excréments. Pour les êtres humains, c’est quelque chose à jeter, mais les chiens et même les prétas ont besoin des excréments, c’est ce qu’ils apprécient. Il en va de même avec le [fruit] durian. Certaines personnes adorent le durian, mais d’autres le détestent. C’est donc en fonction du karma de la personne et cette même personne pourra aimer ou détester une même chose en des temps différents.

En ce qui concerne l’investigation, selon ma compréhension, s’agit-il de l’investigation d’aujourd’hui ? De cette année ou de l’année dernière ? De son enfance ? De l’instant où il a été conçu dans la matrice de sa mère ? L’investigation devrait-elle concerner sa vie passée ? Dans sa vie précédente Dagri Rinpoché était Pari Dorjé Tchang, un lama très célèbre à Lhassa et le maître spirituel de Lama Yéshé. Il a donné la transmission orale du Kangyour dans de grands monastères au Tibet. Ou l’investigation devrait-elle concerner la vie antérieure à la précédente ? L’investigation devrait-elle toucher aux renaissances depuis des temps immémoriaux ? Nous allons alors enquêter sur l’infini samsara. Nous allons devoir atteindre l’éveil pour être en mesure d’enquêter sur les renaissances infinies de Dagri Rinpoché. Nous devons avoir atteint l’éveil ; faute de quoi nous ne pouvons pas enquêter. Voilà ma logique.

Ici, il semble qu’il n’y ait que Rinpoché qui soit dans l’erreur, et nous autres sommes totalement purs, nous ne nous sommes jamais engagés dans des actions non vertueuses. Les choses deviennent ainsi. Dans le cas de Rinpoché, c’est tout ce que j’ai à dire. Je n’ai rien d’autre à dire.

Ce cas ne s’applique pas uniquement à Dagri Rinpoché. Les gens dénoncent tout un tas de personnes comme commettant des fautes. Les gens critiquent même Sa Sainteté le Dalaï Lama, parce que Sa Sainteté a donné des conseils sur les dangers de suivre dolgyal, dont certains pensent qu’il s’agit d’un protecteur du Dharma. Ce conseil est tiré de la propre expérience de Sa Sainteté, sur une longue période, des années et des années. D’autres cachent les erreurs et ne les révèlent pas publiquement par peur des critiques. Mais Sa Sainteté fait preuve d’une compassion incroyable, donc au lieu de cacher la vérité, il l’a révélée. Sa Sainteté a montré ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est dommageable et ce qui utile.

Non seulement Sa Sainteté le Dalaï-Lama, mais des nombreux autres lamas de haut rang au Tibet ont arrêté la pratique de dolgyal, tels que:

  1. Le 54e Gandèn Tripa Trichen Ngawang Chogdèn – Régent de Lama Tsongkhapa, il a conseillé de ne pas l’inclure à la constitution du monastère, de ne pas le pratiquer
  2. Pourchog Ngawang Jampa (une incarnation du Bouddha Maitréya et un grand lama de Séra)
  3. Le 8e Dalaï-Lama Gyalwa Jampa Gyatso
  4. Yongdzin Yéshé Gyaltsèn
  5. Thukèn Tcheukyi Nyima
  6. Changkya Rolpai Dorjé
  7. Yangtchèn Drupai Dorjé
  8. Ngultchou Dharmabhadra
  9. Lama Tcheusang Tcheukyi Nyingjé
  10. Dodroup Jigmé Tenpè Nyima
  11. Jamyang Khyentsé Wangpo
  12. Le 8e Pantchèn Lama Tenpè Wangtchouk

Et il y en a de nombreux autres, des grands lamas qui ont apporté énormément de bénéfices aux êtres et aux enseignements du Bouddha, tels que le soleil et la lune dans le monde. Tous ces grands lamas ont déconseillé de faire cette pratique, et même de l’inclure dans la constitution des monastères. Il ne s’agit donc pas uniquement de la vue de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, qui nous protège et nous guide avec tant de compassion.

Il est très important d’étudier les conseils de ces lamas, qui ont été donnés il y a très longtemps au Tibet. En général les gens ne le savent pas. Ils pensent qu’il s’agit uniquement de Sa Sainteté. Par conséquent, en fonction de ce qu’ils aiment et de ce qu’ils n’aiment pas, ils critiquent alors Sa Sainteté. Mais ils ne font pas l’analyse de savoir s’il s’agit d’une chose malsaine ou utile. Ils ne vérifient pas cela.

Puis, au 21e siècle, ceux qui, comme moi-même, à l’esprit très très obscurci et étroit, qui sont très ignorants et manquent de la sagesse permettant d’analyser ces choses, devraient alors dire que les grands êtres éveillés Hérouka Kyabjé Pabongka ; Kyabjé Trijang Rinpoché, mon maître-racine ; Kyabjé Zong Rinpoché ; Guéshé Rabtèn et Lama Yéshé ne pratiquaient pas dolgyal, mais montraient l’aspect de pratiquer dolgyal. Dans la section expliquant comment suivre parfaitement le maître spirituel, il y a le mot « tsul, » qui signifie montrer l’aspect. Ils montraient l’aspect ; ils agissaient de cette manière, mais ce n’était pas réel. Donc, pour moi et les êtres du 21e siècle, dont les esprits sont si obscurcis et si ignorants, sans la sagesse permettant de vérifier s’il s’agit de quelque chose d’utile ou de malsain, ils semblaient pratiquer, mais en fait ils ne faisaient pas la pratique. C’était du théâtre.

Lorsque le bodhisattva Magnifique à Voir a demandé au Bouddha, « Maintenant c’est vous qui nous guidez, mais qui va nous guider dans le futur? » Le Bouddha répondit, « Je vais révéler la naissance, le vieil âge, la maladie et la mort pour faire mûrir les esprits des êtres. »

En bref, je mentionne cette citation de la parole du Bouddha. Même les arhats, qui sont libérés des perturbations, du karma et du samsara, n’ont pas de naissance, d’âge avancé, de maladie ni de mort, comment est-il alors possible que le Bouddha les possède?

Je me base sur les nombreux enseignements de Pabongka Détchèn Nyingpo que j’ai lus, sans l’avoir rencontré, donc sur cette base, en ce qui me concerne, ils sont tous des bouddhas.

Tout dépend alors de ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas. Dans ce cas, les gens critiquent Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Si c’est à l’opposé de ce que vous aimez, alors vous critiquez. Les gens font cela. Même le Bouddha était critiqué par des disciples hindous.

Le résultat est que personne n’atteint l’éveil. Nous en arrivons là. Alors la totalité des enseignements sont faux. Même de nos jours, même récemment, durant ces dernières années, tant d’êtres sont parvenus à voir le maître spirituel comme un bouddha, ont réalisé le renoncement, la bodhicitta, la vue juste et les réalisations tantriques des phases de génération et d’achèvement. Cela se produit en ce moment même. Nous-mêmes pouvons constater que lorsque nous lisons le lamrim nos problèmes disparaissent ; notre esprit est pacifié. Vous pouvez voir la logique de ce qu’a dit le Bouddha : « Vous les puissants, les bhikshus, les érudits, examinez mes enseignements comme on examinerait de l’or en le faisant fondre, en le taillant et en le polissant. C’est alors que l’on voit l’or raffiné. Considérez les enseignements de la même manière, pas avec une foi aveugle. »

Ceci ne concerne donc pas uniquement les novices, tout particulièrement les Occidentaux, mais inclut également les lamas érudits et les guéshés ayant de nombreux disciples. Au Tibet, de grands lamas estimés, tels que Kyabjé Ling Rinpoché et de nombreux autres, ne pratiquaient pas dolgyal même s’ils suivaient et étaient extrêmement dévoués à Pabongka Rinpoché.

Je vous présente mes plus profondes excuses si mon conseil précédent a pu peiner des personnes. Quoi que vous disiez, cela provoquera toujours de la tristesse chez certaines personnes. Bien sûr dans ce monde, même si quelqu’un fait quelque chose de très positif il y aura des gens qui considéreront cela comme négatif ; de la même manière, lorsque quelqu’un fait quelque chose de très négatif, il y aura des gens pour considérer cela comme positif. Les choses sont donc ainsi. Je souhaite dire que je suis profondément désolé pour tous les gens qui ont été blessés par les actions saintes de Rinpoché.

Il s’agit donc ici d’une clarification complémentaire à mon conseil précédent pour les disciples de Dagri Rinpoché.

Merci beaucoup pour votre compréhension et merci beaucoup de dépenser votre précieuse vie humaine et votre précieux temps à lire mes blablablas.

Lama Zopa

Institut Vajra Yogini, Marzens, France

Colophon : Transcrit par la Vén. Holly Ansett, du 19 au 21 mai 2019 et édité par la Vén. Ailsa Cameron. Traduite de l’anglais au français par Virginie et la Vén. Lobsang Détchèn, Service de traduction de la FPMT, juin 2019.

Conseil additionnel de Lama Zopa Rinpoché aux disciples de Dagri Rinpoché
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